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27/01/2010

Le "Spirito Martini" : témoignages de riverains...

DSC_0710.JPGIxelles, à deux pas de la porte de Namur, une petite rue tranquille a récemment vu apparaître en son sein une discothèque très branchée et très chic, le « Spirito Martini », une ancienne église rénovée en lieu de fête. Une initiative enchanteresse pour la jeunesse dorée bruxelloise, mais un cauchemar pour nombre de riverains. Ces derniers ont réussi momentanément, suite à un grand nombre de plainte, à faire fermer l'établissement entre 10 heures du soir et 7 heures du matin.

Selon le bourgmestre d'Ixelles,  Willy Decourty (PS), l'exploitant s'était engagé à mieux isoler l'établissement et aurait été mis en demeure de mettre fin à tout trouble de l'ordre public, en matière de stationnement notamment. La contre-offensive s'est immédiatement mise en route, notamment par le biais d'une page facebook de soutient, ainsi que par une pétition en ligne. A ce jour, elle compte plus de 1700 membres déplorant la fermeture de ce lieu.

Le Soir publiait hier un article à ce propos dans lequel le patron de cet établissement poussait une beuglante. Le bourgmestre ne lui donne pas raison, il ira donc défendre sa cause devant le conseil d'état. Pour sa défense, il pousse un petit coup de gueule contre les Sdf qui logent en face et qui selon lui feraient aussi du bruit et « jetteraient leurs déchets sur la voie publique », dénonçant le deux poids deux mesures... Il prend ainsi sa défense en attaquant de pauvres bougres, la grande classe...

Je dois dire que ce dernier commentaire a suffit à m'énerver suffisamment que pour me pousser à rendre visite aux riverains et leur demander leur version de l'histoire qui n'est pas décrite en détail dans cet article du Soir.

Selon leurs occupants, les appartements adjacents à la discothèque étaient devenus invivables. Le bruit provenant directement de l'établissemnt était tel que l'appartement d'un de ceux-ci pouvait « être comparé à une toilette de discothèque », les verres vibraient à cause des basses, l'on pouvait les ressentir lorsque le son était vraiment fort par le sol, et ce pendant toute la nuit. La discothèque n'a pas été isolé acoustiquement, ceci explique donc cela. Néanmoins, les occupants de cet immeuble craignent que même isolé, cela ne soit pas suffisant. Ils demandent donc aux autorités que des contrôles strictes soient mis en place en cas de réouverture afin de s'assurer que tout le monde puisse vivre en paix et le cas échéant ordonner une fermeture définitive en tant que discothèque. Cela va de soi.

Pour ce qui est des nuisances sonores, ce n'est pas tout puisque la direction de la boite n'a visiblement pas daigné donner d'instructions à son personnel concernant les nuisances de ses clients lorsqu'ils se trouvent dans la rue. Les riverains se plaignent des clients irrespectueux qui beuglent, urinent à leur bonne convenance pendant toute la nuit et un peu partout dans la rue.

Et la liste des nuisances ne s'arrête pas là puisqu'en plus la direction s'est donné le droit de réquisitionner les places de parking devant la discothèque pendant les heures d'ouverture, chassant les riverains désireux d'occuper ces places libres. L'article du Soir précise que selon le gérant,  ce serait le bourgmestre qui aurait donné cette autorisation alors qu'il n'en est rien. Il faut aussi mentionner l'encombrement au niveau de la circulation que provoque l'afflux de voitures ainsi que le service de voituriers.

L'exploitant n'a jamais cherché à discuter des problèmes avec les riverains. Tous les contacts entre ceux-ci s'est toujours fait de manière informelle, et de manière peu aimable selon ces mêmes riverains.

Certains pensent que le pognon est roi, et que sous prétexte d'emploi et de revitalisation d'un quartier (ce qui n'est pas le cas puisqu'il s'agit d'un établissement très sélect pas vraiment destiné aux habitants...), on peut tout se permettre. Mais Bruxelles n'est pas le Far West et est régi par des lois, il est bon de le rappeler. On ne peut donc que saluer le geste du bourgmestre qui défend les habitants face à ces « 2 millions  d'euros investis ».

Toutefois, on se demande bien pourquoi des autorisations ont été accordées pour ce lieu si les mesures en matière d'isolement, par exemple, n'étaient pas suffisantes pour assurer la viabilité des habitations de la rue.

N'hésitez pas à déposer ci-dessous vos témoignages. Ils sont les bienvenus et complèteront cet article.

Edit du 07/02/2010 :

Un riverain prétendait que le Spirito-Martini n'avait pas les autorisations adéquates. Après vérification à la commune, il apparait que cette information est véridique. Cette discothèque n'a pas les autorisations nécessaires pour être exploitée en tant que telle (pour être précis, le gérant a le permis environemental pour exploiter son lieu en tant que salle de fête, alors qu'il faudrait un permis de dancing - salle de danse).

Je ne peux donc résister à vous faire part des déclarations de cet exploitant dans le Soir :

« C’est précisément ce que je ne comprends pas, s’énerve le propriétaire des lieux. On me dit que mon établissement n’est pas en règle alors que j’ai obtenu les différents permis pour son exploitation. Je ne demande qu’à être en conformité, mais pourquoi, alors, m’a-t-on donné ces autorisations ? »

Alors, de deux choses l'une, soit ce gars est entouré d'incompétents, soit il est juste malhonnête. Je vous laisse juger par vous-même.

11/01/2010

La désinformation involontaire de nos "grands" quotidiens

journal-1.JPGCela fait maintenant plusieurs années que je surfe énormément sur la toile comme beaucoup d'entre vous. Je lis la presse belge et française, suis de nombreux blogs. Avec la facilité d'accès à la connaissance et à l'information que confère internet, je ne lis malheureusement pas assez souvent la presse écrite sur papier. Ce n'est pas un bien, mais c'est comme ça.

Quoi qu'il en soit nos quotidiens ont décidé depuis déjà assez longtemps de se placer sur internet. Malheureusement, et heureusement pour eux, l'information disponible pour l'internaute belge en est réduite à une superficialité tant des sujets que de la profondeur de leur analyse. Il faut comprendre que si tout était traité en ligne, les ventes s'écrouleraient forcément. Cependant, on constate qu'il n'est pas possible pour l'internaute s'il ne lit pas la presse papier du jour de se rendre compte de ce qu'il manque. Cela est dû à l'architecture des sites internet qui ne prévient pas, au contraire de certains quotidiens français, de la publication d'articles non-accessibles en ligne. On peut saluer la décision de « Le Soir » d'avoir mis ses archives en ligne et ce gratuitement. Mais c'est également cette décision qui implique la non-existence d'une partie du site réservée aux abonnés puisque dés le lendemain, ils pourront de toute façon accéder à l'ensemble des articles qu'il ont dans leur journal papier du jour. Tout ceci implique une fausse idée de l'information importante du jour pour l'internaute qui n'a pas acheté son journal papier. Toute l'information importante, nécessaire pour se construire une image représentative de la politique belge, des événements dans le monde et tout ce qu'on peut retrouver comme information dans un journal lui passe ainsi sous le nez, et participe donc de la désinformation du citoyen.

La solution est simple, elle consisterait à indiquer les titres et les deux premières lignes de la totalité des articles publiés dans l'édition papier. Non seulement le citoyen aurait alors conscience du fait qu'une grosse partie de l'information lui passe sous le nez. Mais en plus elle doperait la curiosité du lecteur faisant ainsi augmenter les ventes de l'édition papier.

On peut regretter également le prix du journal en ligne qui est seulement de 0.1 € moins cher que l'édition papier pour « Le Soir », quant à « La Libre Belgique », elle ne propose que des offres d'abonnement au mois ou à l'année qui ont déjà l'air plus correct, sachant que le coût de distribution et de d'impression est quasi inexistant (il faut quand-même payer les serveurs et amortir l'investissement de la plateforme en ligne).

Qu'en pensez-vous ? Existe-t-il d'autres modèles plus intéressants qui pourraient satisfaire les deux partis que sont les lecteurs et la rédaction ? Pourquoi les directions de ces deux quotidiens n'ont pas agis dans ce sens depuis le début ?