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11/01/2010

La désinformation involontaire de nos "grands" quotidiens

journal-1.JPGCela fait maintenant plusieurs années que je surfe énormément sur la toile comme beaucoup d'entre vous. Je lis la presse belge et française, suis de nombreux blogs. Avec la facilité d'accès à la connaissance et à l'information que confère internet, je ne lis malheureusement pas assez souvent la presse écrite sur papier. Ce n'est pas un bien, mais c'est comme ça.

Quoi qu'il en soit nos quotidiens ont décidé depuis déjà assez longtemps de se placer sur internet. Malheureusement, et heureusement pour eux, l'information disponible pour l'internaute belge en est réduite à une superficialité tant des sujets que de la profondeur de leur analyse. Il faut comprendre que si tout était traité en ligne, les ventes s'écrouleraient forcément. Cependant, on constate qu'il n'est pas possible pour l'internaute s'il ne lit pas la presse papier du jour de se rendre compte de ce qu'il manque. Cela est dû à l'architecture des sites internet qui ne prévient pas, au contraire de certains quotidiens français, de la publication d'articles non-accessibles en ligne. On peut saluer la décision de « Le Soir » d'avoir mis ses archives en ligne et ce gratuitement. Mais c'est également cette décision qui implique la non-existence d'une partie du site réservée aux abonnés puisque dés le lendemain, ils pourront de toute façon accéder à l'ensemble des articles qu'il ont dans leur journal papier du jour. Tout ceci implique une fausse idée de l'information importante du jour pour l'internaute qui n'a pas acheté son journal papier. Toute l'information importante, nécessaire pour se construire une image représentative de la politique belge, des événements dans le monde et tout ce qu'on peut retrouver comme information dans un journal lui passe ainsi sous le nez, et participe donc de la désinformation du citoyen.

La solution est simple, elle consisterait à indiquer les titres et les deux premières lignes de la totalité des articles publiés dans l'édition papier. Non seulement le citoyen aurait alors conscience du fait qu'une grosse partie de l'information lui passe sous le nez. Mais en plus elle doperait la curiosité du lecteur faisant ainsi augmenter les ventes de l'édition papier.

On peut regretter également le prix du journal en ligne qui est seulement de 0.1 € moins cher que l'édition papier pour « Le Soir », quant à « La Libre Belgique », elle ne propose que des offres d'abonnement au mois ou à l'année qui ont déjà l'air plus correct, sachant que le coût de distribution et de d'impression est quasi inexistant (il faut quand-même payer les serveurs et amortir l'investissement de la plateforme en ligne).

Qu'en pensez-vous ? Existe-t-il d'autres modèles plus intéressants qui pourraient satisfaire les deux partis que sont les lecteurs et la rédaction ? Pourquoi les directions de ces deux quotidiens n'ont pas agis dans ce sens depuis le début ?

08/12/2009

Le citoyen, acteur de son racisme

« Le Soir Magazine » a commandé un sondage qui prétend que 6 belges sur 10 seraient contre la construction de minarets.

On se demande bien quel est l'intérêt de poser une question aussi binaire et aussi peu révélatrice de la pensée des belges. A mon avis, il ne s'agit ni plus ni moins que de xénophobie puisque, les chiffres le montrent bien, les populations qui ont reçu la plus grande éducation à la tolérance - les jeunes - sont ceux qui y sont le moins oppposés, par exemple. Personnellement, les minarets en tant que tel ne me pose absolument aucun problème. Il ne s'agit pas ici de pointer du doigt telle ou telle population, mais bien les confronter à leurs opinons.

D'un côté, moi et d'autres (d'origines variées), adeptes au moins en partie de la culture occidentale héritée d'une histoire particulière, mais surtout acteur au jour le jour d'un mode de vie qui n'est pas toujours parfait, qui souvent manque de sens, mais qui a le mérite d'être rattaché à certaines valeurs comme l'égalité, du moins dans la théorie et souvent appliqué tant bien que mal dans la pratique. De l'autre, certains étrangers qui rejettent nos valeurs les plus basiques, soit par ignorance, soit par opposition, et même souvent par racisme. Le point commun entre nous tous ? Le racisme, cette pensée tellement humaine et qui pourtant a pu être la cause de drames historiques terrifiants.

Je crois qu'au vu de l'histoire, il est indéniable que cette tare inscrite en chacun de nous doit être combattue. C'est pourquoi même si je peux comprendre l'inquiétude grandissante au sein de notre population vis-à-vis de l'immigration en général, et plus particulièrement des musulmans, je refuse de nommer ce phénomène par une appellation autre que xénophobie. Il faut avoir le courage de nommer les choses par leur nom, même si une grande partie de la population pourrait se sentir insultée.

L'insulte n'est certainement pas le but de ces propos. Le but de ces propos est de faire comprendre à chacun d'entre nous que nous sommes tous des humains. Toutes nos idées sont toujours le fruit d'une généralisation abstraite à partir de faits que nous observons d'une manière ou d'une autre. Il n'est donc pas étonnant que nous portions TOUS (à l'exception d'êtres exceptionnels) une part de pulsions racistes. Le processus qui fait passer ces pulsions en théories racistes est le centre de cette réflexion.

Je tiens à préciser à ce stade du développement que je parle de l'ensemble des humains. Il n'est pas question de viser spécialement telle ou telle population. Toutes sont visées. Si nous voulons un jour atteindre un mode de vie satisfaisant pour tout le monde, il faut forcément que chacun s'implique plus dans son rôle de citoyen. De même, si nous voulons que l'entente entre chacun soit plus cordiale, il faut réduire la fracture qui oppose les différentes communautés de ce pays.

Cela passe par un changement radical de la politique antiraciste qui n'atteint d'une part plus ses buts, et qui d'autre part est totalement déphasée avec la réalité. Si je parlais de citoyenneté un peu plus haut, c'est précisément parce que je crois que l'antiracisme doit se refonder autour de cette notion. Le racisme ne vient pas tout seul, il est souvent la cause de faits mineurs, mais qui à la longue vont forcer la personne concernée à créer un amalgame par le phénomène de répétition-persuasion. Quand monsieur X voit tous les jours son voisin déchirer littéralement les poubelles de la rue, il aura du mal à la longue à se persuader que ceux qui ressemblent à son voisin d'une manière ou d'une autre sont différents de lui. Quand monsieur Y voit tous les jours à la télévision, des témoigages d'hostilité à sa communauté, il aura du mal à percevoir que tout le monde n'est pas contre lui.

Tout ce qui fait augmenter le racisme, et donc la fracture dans la société doit être évité dans la mesure du raisonnable. Faire ce sondage ridicule dont les questions ne pouvaient mener à aucune conclusion intéressante est donc d'une bêtise incommensurable. La personne qui a pris la décision de commander un tel sondage est maintenant responsable d'avoir encore un peu plus envennimé les choses, augmenter le sentiment de rejet des musulmans de Belgique. Bref, il vient de violer mon principe basé sur la citoyenneté uniquement pour faire exploser les ventes de son torchon. C'est un acte d'incivilité au même titre que le jeune qui insulte la moitié des passants de "fils de pute", ou la personne qui déchire les poubelles dans la rue. Incivilité qui provoque du racisme.

Dans ce modéle d'antiracisme, on change complètement d'approche. Il est souvent repproché à l'antiracisme de pratiquer une politique victimaire. Dans ce nouveau modèle, chacun doit prendre sa part de responsabilité, et la politique antiraciste ne cherche plus alors à pointer du doigt, à traîner dans la boue légalement et avec l'appui de la justice les gens qui vont trop loin dans les discours. Mais cherche plutôt à éduquer, à faire prendre conscience à la masse qu'elle est responsable de son devenir. La politique ne peut pas contraindre quelqu'un à penser autrement, elle peut par contre agir sur les mentalités par des biais détournés.

Cette politique antiraciste nouvelle chercherait à combattre les deux extrêmes que sont les communautaristes qui s'enferment dans leur monde sans prendre en compte les citoyens d'origines différentes de la leur (en gros le communautarisme extrême), et les personnes qui demandent trop au niveau de l'intégration, qui voudrait que l'on homogénise à un degré démesuré la société dans son ensemble (voir différence entre intégration* et assimilation**). L'antiracisme devient un peu l'analogue des partis démocratiques qui rejettent fermement les deux extrêmes que sont les thèses d'extrême gauche totalitaire, et celles d'extrême droite violentes, racistes, et bêtes. Elle se positionne au centre, cherche un équilibre entre liberté et cohérence sociale nécessaire au bien être de chacun.

Qu'en pensez-vous ? (la suite très prochainement)

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* L'intégration, en sociologie, est un processus de rapprochement entre une personne, ou un groupe de personnes, et un autre groupe de personnes plus vaste. Ce terme fait souvent référence à l'intégration des personnes immigrées ou issues de l'immigration.

** L'assimilation culturelle est une forme extrême d'acculturation, au cours de laquelle un individu ou un groupe abandonne totalement sa culture d'origine pour adopter les valeurs d'un nouveau groupe. Celle-ci n'est qu'une des phases possibles de l'acculturation et, si elle se réalise, elle n'en sera que la phase terminale.

17/07/2009

Les travailleurs invisibles et l'égoïsme contre-productif du belge

moton14-188x190.jpgJ'attendais patiemment cette fameuse circulaire qui était censée donner plus de précisions sur les critères auxquelles les sans-papiers doivent répondre pour espérer être régularisés.

Ils nous l'avaient promis, ce serait fait avant le 21 juillet. Et non ! On continue sur la mauvaise voie.

C'est vraiment stupide ! La Belgique compte énormément de sans-papiers qui travaillent dur, mais qui sont traités comme des moins que rien. Souvent, ce sont dans des familles plus ou moins aisées, où la femme de ménage, l'ouvrier, la gardienne d'enfant travaillent pour pas grand chose. Ces familles ne sont pas nécessairement des exploiteurs, après tout, ils donnent du travail à des gens qui n'en ont pas. D'autres les utilisent au sein d'entreprises, que ce soit dans la construction, dans les restaurants pour faire de la plonge, voir même pour faire du gardiennage comme on a pu le voir avec ce pseudo-scandale qui éclabousse la SNCF.

Pourquoi ne pas simplement leur donner un permis de travail, c'est-à-dire accepter qu'ils restent tant qu'ils sont assurés d'avoir un boulot. Beaucoup d'immigrés viennent légalement sur notre territoire avec un visa de tourisme valable trois mois. On peut donc tout à fait imaginer qu'en ce laps de temps, ils puissent se trouver un emploi. Éventuellement, au bout d'un certain nombre d'année et ayant montré leur bonne volonté, ils pourraient accéder à un statut plus stable encore, voire recevoir la nationalité belge.

La situation actuelle ne permet pas de résoudre ce double problème qu'est le travail au noir, et l'inexistence de statut pour ces travailleurs de l'ombre. C'est donc sur ces deux points qu'il faut jouer simultanément. En effet, les secteurs de la construction, par exemple, prétendent manquer de main d'oeuvre qualifiée. Ils emploient donc des sans-papiers qui ont ces qualifications. L'état ne peut donc pas vraiment sévir lorsque la faute est découverte. Pourquoi alors ne pas permettre aux sans-papiers d'obtenir un permis de travail temporaire, accompagné de certains droits limités par rapport au citoyen belge, mais qui assurerait que l'immigré puisse travailler en toute sureté, avoir certains avantages tel qu'un chômage limité, un remboursement des soins de santé, etc, etc, sans toutefois accéder immédiatement au même statut que le travailleur belge. Passé un certain temps - 5 ans par exemple - le travailleur est évalué sur la base de son activité professionnelle effective et de sa contribution à l'économie du pays. Il  obtiendrait alors un statut plus stable, avec des droits sociaux renforcés. En renforçant d'autre part, les contrôles sur les entreprises en ce qui concerne le travail au noir, on pourrait alors être certain que les patrons paient bien ce qu'ils doivent à la communauté. Je parle d'amendes exemplaires et d'un renforcement massif des contrôles et donc du nombre d'agents affectés à cette tâche.

Évidemment, l'expulsion guette, si le sans-papier possédant un permis de travail se fait attraper, c'est l'expulsion, idem si il cherche à abuser du système ou si il commet des délits.

Voilà qui arrangerait bien tout le monde (sauf certaines personnes qui volent l'état, mais pour eux point de pitié). Le contribuable, l'état, le sans-papier. Actuellement, cela ne profite qu'à son employeur qui n'est pas toujours un pâle type, mais qui en profite en payant un salaire nettement plus réduit.

Au moins, cette solution a l'avantage de rassurer ceux qui craignent une invasion de profiteurs, et permet à tout le monde d'avoir sa chance. C'est un système juste pour tout le monde et intéressant pour les finances de l'état.

Qu'en pensez-vous ?