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11/05/2012

Le déni de réalité de la Grèce

Maintenant que les élections en Grèce sont passées, j'aimerais quand-même mettre un peu les points sur les i.

Je suppose que comme moi vous êtes au courant que la Grèce n'est pas un pays parfait, et que la situation économique du pays n'est pas que de la faute d'un gouvernement corrompu, et de financiers qui ont spéculés sur sa faillite.

Il n'empêche qu'une question m'a taraudé pendant un petit bout de temps. L'économie souterraine représenterait près de 25% de l’économie grecque en 2009 contre 30% en 2000. L’argent octroyé par l’union européenne a permis d’engager des fonctionnaires sans limite, et ce à un tel point qu’on parle d’enfants bleus et d’enfants verts pour parler des fonctionnaires engagés sous le gouvernement de droite et de gauche (le vert est associé à la gauche grecque).

La question de base lorsqu’on entend parler de la dette abyssale de la Grèce endetté à hauteur de plus de 150% de son PIB faisant de ce pays le plus endetté du monde sur ce critère après le Japon est de savoir pourquoi on ne remédie pas aux anomalies citées dans le paragraphe précédent.

En effet, la tendance est plutôt à des mesures d’austérités qui touchent d’abord les fonctionnaires (qui ne sont pourtant pas des fraudeurs puisque déclarant forcément la plus grosse partie de leurs revenus), l’augmentation des taxes, etc.

On a donc affaire à un problème de mentalités, un pays entier qui ne parvient pas à comprendre qu’un état ne peut pas vivre s’il n’a pas de rentrées. C’est évidemment de la faute des politiques, coupables d’une certaine complaisance, mais qui au fond vivaient dans un système clientéliste de redistribution des richesses qui ne leur appartenait pas, ou qui aurait du servir à investir dans de grosses infrastructures, et dont tout le monde a profité.

On peut évidemment déplorer le fait que ce soit ceux du bas qui paient le plus alors qu’ils en sont certainement moins responsables.

Mais nous arrivons là à la réponse à la question initiale qui était donc de savoir pourquoi des mesures aussi drastiques ont été prises alors que la fraude fiscale est aussi répandue :

« En 2008, les membres des professions libérales (médecins, avocats, architectes) déclaraient un revenu annuel de 10 493 euros, les hommes d’affaires et les traders de 13 236 euros en moyenne, tandis que celui des salariés et des retraités se montait à 16 123 euros. Pour le fisc, les plus riches sont les ouvriers, les employés et les retraités. » selon le Monde Diplomatique.

Alors pourquoi ne pas avoir simplement pris des mesures drastiques contre la fraude fiscale ?

Eh bien tout simplement parce que ce sont des mesures qui sont très lentes à produire leurs effets, et elles ont été mise en route. En attendant, l’état conserve un déficit annuel très important et est donc obligé de réduire ses dépenses, tout en augmentant ses recettes très rapidement ce qui ne peut se faire que par des taxes sur des produits de base.

Voilà, la situation est terrible, injuste parce qu’elle ne touche pas spécialement ceux qui sont les plus coupables, mais elle est là parce que le peuple grec s’est complait dans une situation, certes agréable, mais qui ne pouvait pas durer. Et voilà qu’à force d’attendre les conséquences sont terribles. Mais le pire reste à venir sachant que les grecs n’ont toujours pas compris… le pourquoi du comment.