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06/05/2012

Pour un renouveau de l’Europe

 

 

Cela n’a pu échapper à personne, François Hollande vient d’être élu comme président de notre pays frère.

 

François Hollande n’est peut-être pas la personne la plus adaptée pour ce poste, mais il a le mérite de redonner de l’espoir non seulement aux français parce que la France a besoin qu'on s'occupe d'elle, mais aussi aux européens parce qu’il apporte d’autres solutions aux problèmes actuels de l’Europe que la clique néolibérale caractéristique de la gouvernance européenne. Si cela vous a échappé, il propose, par exemple de donner la possibilité aux états d’emprunter directement à la banque centrale européenne à un taux bien inférieur (de l’ordre de 1%) que celui des banques privées.

 

Certains pensent que ce type de mesure pourrait être néfaste à l’Europe. Imaginons un scénario catastrophe dans lequel un pays fait faillite et dont la dette doit donc être restructurée (et donc supprimée en partie). Les banques privées dans le système actuel ont pour rôle de faire tampon entre la banque centrale européenne et les états. Ce système libéral permet donc de faire courir le risque d’un défaut de paiement à des banques privées et non à la collectivité européenne. Cependant, tout le monde a pu prendre acte sur le fait que les banques ne peuvent pas faire faillite, et que si les risques qu’elles prennent les mettent en faillite, les états prennent de toute façon le relai pour les renflouer.

 

Toute personne sensée, à ce stade du raisonnement, ne peut donc pas comprendre comment l’on peut obliger un état à passer par un intermédiaire privé qui va provoquer la perte de plusieurs milliards d’euros à plusieurs dizaines de milliards selon les situations alors qu’on peut s’en passer avec les mêmes conséquences.

 

Malheureusement, Hollande n’est pas la personne qui résoudra tous les problèmes européens. Notre société est en cours d’appauvrissement et la tendance ne changera pas si la situation actuelle perdure.

 

Il faudrait passer à un protectionnisme aux frontières de l’Europe pour relancer la demande intérieure. Évidemment, le protectionnisme est un sujet tabou, redouté par la majorité de l’élite économique. Tout politicien se doit de tenir ce sujet comme tel sous peine de passer comme un inconscient suicidaire. Pourtant, le seul danger du protectionnisme est de subir des mesures de représailles symétriques. Mais cela ne tient pas compte de la réalité, le libre échange est poussé par le monde anglo-saxon.  Pourtant, les États-Unis sont les premiers à prendre des mesures lorsque cela les arrange pour protéger leur marché intérieur. Il suffit de voir les différences entre les compagnies aériennes européennes et américaines quant à leur choix de flotte. Quant à la Chine, nous n’avons même pas accès à leurs marchés. D’autre part, les produits exportés par l’Europe sont des produits à haute valeur aoutée dont les marchés étrangers sont dépendants et ne pourraient se passer.

 

Lorsque l’on parle de protectionnisme, il est important de préciser les critères sur lesquels les taxes ajoutées aux frontières sur les produits importés seront basées. Le déséquilibre de notre compétitivité est la conséquence de deux contraintes : la contrainte environnementale, et la contrainte des acquis sociaux. Nous avons donc deux choix : soit nous mettre au niveau de salaire pratiqué par nos concurrents qui n’auront aucun mal à rattraper les niveaux de productivité de nos sociétés ; soit les obliger à s’adapter à ces exigences occidentales et que nos importations soient taxées à la hauteur du déséquilibre de ces deux contraintes entre les pays importateurs et les pays exportateurs.

 

 

On a donc un choix très clair :

  •   Faire le jeu des capitalistes et niveler les niveaux de vie de l’humanité vers le bas ;
  • Donner le choix aux pays en voie de développement entre : atteindre les mêmes niveaux de bien être que nous, ou payer à l’Europe le bénéfice qu’ils pourraient tirer d’une amélioration de leur niveau de vie. Je crois que le choix sera vite fait, et c’est bien évidemment le but de cette mesure protectionniste qui n’aura pour effet que de pousser la justice mondiale.

Un jour ces évidences viendront à l'esprit des dirigants au plus au niveau, mais cela prend toujours un peu de temps. Soyons patient (mais pas trop).

Toute réflexion est évidemment la bienvennue.