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17/07/2009

Les travailleurs invisibles et l'égoïsme contre-productif du belge

moton14-188x190.jpgJ'attendais patiemment cette fameuse circulaire qui était censée donner plus de précisions sur les critères auxquelles les sans-papiers doivent répondre pour espérer être régularisés.

Ils nous l'avaient promis, ce serait fait avant le 21 juillet. Et non ! On continue sur la mauvaise voie.

C'est vraiment stupide ! La Belgique compte énormément de sans-papiers qui travaillent dur, mais qui sont traités comme des moins que rien. Souvent, ce sont dans des familles plus ou moins aisées, où la femme de ménage, l'ouvrier, la gardienne d'enfant travaillent pour pas grand chose. Ces familles ne sont pas nécessairement des exploiteurs, après tout, ils donnent du travail à des gens qui n'en ont pas. D'autres les utilisent au sein d'entreprises, que ce soit dans la construction, dans les restaurants pour faire de la plonge, voir même pour faire du gardiennage comme on a pu le voir avec ce pseudo-scandale qui éclabousse la SNCF.

Pourquoi ne pas simplement leur donner un permis de travail, c'est-à-dire accepter qu'ils restent tant qu'ils sont assurés d'avoir un boulot. Beaucoup d'immigrés viennent légalement sur notre territoire avec un visa de tourisme valable trois mois. On peut donc tout à fait imaginer qu'en ce laps de temps, ils puissent se trouver un emploi. Éventuellement, au bout d'un certain nombre d'année et ayant montré leur bonne volonté, ils pourraient accéder à un statut plus stable encore, voire recevoir la nationalité belge.

La situation actuelle ne permet pas de résoudre ce double problème qu'est le travail au noir, et l'inexistence de statut pour ces travailleurs de l'ombre. C'est donc sur ces deux points qu'il faut jouer simultanément. En effet, les secteurs de la construction, par exemple, prétendent manquer de main d'oeuvre qualifiée. Ils emploient donc des sans-papiers qui ont ces qualifications. L'état ne peut donc pas vraiment sévir lorsque la faute est découverte. Pourquoi alors ne pas permettre aux sans-papiers d'obtenir un permis de travail temporaire, accompagné de certains droits limités par rapport au citoyen belge, mais qui assurerait que l'immigré puisse travailler en toute sureté, avoir certains avantages tel qu'un chômage limité, un remboursement des soins de santé, etc, etc, sans toutefois accéder immédiatement au même statut que le travailleur belge. Passé un certain temps - 5 ans par exemple - le travailleur est évalué sur la base de son activité professionnelle effective et de sa contribution à l'économie du pays. Il  obtiendrait alors un statut plus stable, avec des droits sociaux renforcés. En renforçant d'autre part, les contrôles sur les entreprises en ce qui concerne le travail au noir, on pourrait alors être certain que les patrons paient bien ce qu'ils doivent à la communauté. Je parle d'amendes exemplaires et d'un renforcement massif des contrôles et donc du nombre d'agents affectés à cette tâche.

Évidemment, l'expulsion guette, si le sans-papier possédant un permis de travail se fait attraper, c'est l'expulsion, idem si il cherche à abuser du système ou si il commet des délits.

Voilà qui arrangerait bien tout le monde (sauf certaines personnes qui volent l'état, mais pour eux point de pitié). Le contribuable, l'état, le sans-papier. Actuellement, cela ne profite qu'à son employeur qui n'est pas toujours un pâle type, mais qui en profite en payant un salaire nettement plus réduit.

Au moins, cette solution a l'avantage de rassurer ceux qui craignent une invasion de profiteurs, et permet à tout le monde d'avoir sa chance. C'est un système juste pour tout le monde et intéressant pour les finances de l'état.

Qu'en pensez-vous ?